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Dernier coucher de soleil au Pôle Nord géographique !

L'hélico étant un cargo, j'imagine rapidement que nous n'allons pas beaucoup dormir. Je file donc rapidement à l'unique hôtel de Khatanga pour une petite sieste. Sur le chemin je croise Igor, le co-pilote de l'hélico qui me propose un tour du propriétaire. Comment refuser ? Tant pis pour la sieste. Le monstre est là, immobile sur le tarmac. Ses formes se découpent dans le noir de la nuit, éclairées par la lumière hésitante de quelques projecteurs. A cinq heures du décollage, les mécanos s'activent déjà à débarrasser la machine des quelques centimètres de neige tombée dans la journée. A l'intérieur je suis immédiatement frappé par le volume : la zone cargo doit faire au moins trente mètres carrés sur cinq mètres de haut ! Au milieu, les immenses réservoirs additionnels dont nous aurons besoin pour effectuer le vol. "Nous partirons avec 22 tonnes de kérozène" me dit Igor "ce qui nous assurera une autonomie d'un peu plus de sept heures.

Samedi 25 septembre, une heure du matin, la porte de l'hélico se referme. Nous sommes une quarantaine de personnes à bord issus de tous les horizons. La turbine siffle de plus en plus fort et enfin nous rejoignons la piste. Nous décollons de quelques mètres pour effectuer des manoeuvres de sécurité et atterrissons. Enfin, nous prenons notre élan pour décoller comme une avion. A bord, peu de vibrations mais le bruit est étourdissant. Il fait nuit et l'on peine à distinguer quelques détails sur la toundra que nous survolons à la vitesse de 200 km/h. Impossible de parler, reste à se reposer et chacun tente de trouver la position qui lui convient le mieux.

Le changement de rythme des pâles me réveille. Nous descendons vers Sredny, l'île encore interdite il y a à peine 10 ans. L'aube nous apporte un peu de lumière, la banquise s'étend à perte de vue autour de la base militaire. Il fait à peine plus froid qu'à Khatanga. L'île est très étroite, à peine un kilomètre. La station de ravitaillement est à quelques mètres seulement de la côte. Le spectacle de cette mer gelée est magnifique. Impossible de trop s'écarter : les militaires (de jeunes recrues effectuant leur service) nous encadrent étroitement et beaucoup d'ours vivent dans le coin. Se retrouver isolé sans arme à deux cent ou trois cent mètres du groupe peut-être fatal face à un ours un peu trop entreprenant. En voyant les hélicoptères Mi 8 toujours ici nous comprenons qu'un changement de programme est intervenu sans que l'équipe de Cercles Polaires Expéditions en ait été prévenue ! Finalement, seul un Mi 8 montera au Cap Arktichesky. Suffisamment de kéro est disponible là-haut.

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