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Les Molaires. Un
régime exclusivement herbivore nécessite une dentition adaptée.
En cela, le mammouth disposait de quatre molaires, à raison d'une
par demi-mâchoire. Mais quelles molaires ! À l'âge adulte, elles
pesaient jusqu'à 2 kg chacune et mesuraient jusqu'à 23 cm de long
tout en dépassant de la gencive de 2,5 cm. Leur structure était
très particulière. Elles étaient constituées de lames transversales
d'émail, séparées les unes des autres et maintenues ensemble par
du cément et de la dentine. La position transversale de ces lames
obligeait l'animal à mâcher sa nourriture en actionnant sa mâchoire
de l'avant vers l'arrière, à la différence de nombreux ruminants.
Les lames d'émail, au nombre de 25, étaient plus nombreuses que
chez les éléphants actuels (10 chez l'éléphant d'Afrique, 20 chez
l'éléphant d'Asie). Cette augmentation constitue une adaptation
à la nourriture herbacée (dont la silice use particulièrement
la dentition).

D'ailleurs,
chez les premiers mammouths qui se nourrissaient de feuilles,
le nombre de crêtes était moins important ; la couronne de la
dent était aussi moins haute. Le mode de croissance des molaires
est tout à fait singulier. Quand la dent était usée, elle se fragmentait
et faisait place à une nouvelle qui s'était développée légèrement
en arrière. Le mammouth disposait ainsi de six séries de molaires.
Lorsque la dernière se brisait, l'animal ne pouvait plus se nourrir
et finissait par mourir de faim. C'est essentiellement pour cette
raison que la limite d'âge du mammouth se situe, comme chez les
éléphants actuels, entre 60 et 70 ans. Les molaires fossiles sont
d'un grand intérêt pour les paléontologues. En retrouvant à quelle
séquence elles appartenaient et en mesurant leur taille, leur
hauteur et le nombre de crêtes d'émail, il est en effet possible
d'estimer avec une très grande précision l'âge de l'animal.
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